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5 ème saison

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Ouf ! Il semble que les bienfaits de la civilisation et les bains d’affection aient eu raison de découragement qui termina la saison précédente.

Bien qu’imperceptiblement se fanent les charmes de l’extrême solitude – peut-être le début d’un nouvel âge qui devrait être le dernier – c’est dans l’impatience que j’ai retrouvé Macapa.

Pour lui, l’hiver fut rude et sans l’attention constante de Peter ( le pêcheur), il n’aurait pas survécu aux terribles tempêtes de février.

C’est bien Peter qui dans la nuit polaire, par moins trente degrés et à travers le chaos d’une banquise disloquée, s’est porté à son secours alors qu’il avait rompu cinq de ses six solides amarres et c’est Peter qui m’ouvrit ses bras gigantesques dès mon arrivée, chargea mes 65kgs de bagages sur un traîneau qu’il tint à pousser lui-même jusqu’au bateau. Quand nous fûmes attablés devant un café brûlant, c’est avec un touchante modestie qu’il me compta l’affaire dont seul, le balcon avant de Macapa eut une nouvelle fois à souffrir. Sa fierté fut davantage de me servir à l’envi son nouveau sourire, chef d’oeuvre de la prothèse dentaire groenlandaise débutante et je ne fus pas en reste pour lui servir le mien presque complet.

La force de Tarzan, la solitude de Lucky Luck, la sérénité du Grand Lama et la compassion de Mère Theresa, tel est Peter.

Venons en aux conditions hivernales car, bien que début mai, déjà sans nuit et sous un ciel radieux, Aasiaat affichait encore des températures très négatives. Une banquise épaisse de 60cm, portait Macapa et son manteau de neige.

Vision idyllique n’était la « nuit » à venir. – 2° dans la cabine, une couchette très humide, la glace de condensation peu à peu ruisselante le long des cloisons, eurent pu faire regretter la quiétude du 7ème, mais, par ailleurs, aucun des drames fantasmés dans mes cauchemars parisiens n’est advenu. Puits de dérives, batteries, vannes, plomberie, durites ont supporté courageusement le gel.

Ce premier matin pouvait faire croire à un changement de saison. Les flaques d’eau apparues sur la glace m’inspirèrent méfiance et longs contournements d’une marche dansée que je souhaitais plus légère encore, tandis que les indigènes poussaient en ligne droite de lourds traîneaux, mais l’Inuit n’est pas moqueur.

La journée entière fut employée à déneiger le pont.

Après 48h je dû emprunter l’annexe pour gagner le bord de la glace qui conduisait en ville et jour après jour , les glaces dérivantes se multipliant, rejoindre la terre ferme ou revenir à bord devint ma principale préoccupation tant je craignais de voir l’annexe s’éloigner sur un glaçon ou, moi-même, disparaître dans un trou d’eau.

De ce point de vue, mes retrouvailles avec Philippe (Le Manguier) furent rassurantes. Lui qui a passé l’hiver dans un fjord situé à 15mn de motoneige de Aasiaat, fait encore des allers et retours sur la banquise fragile. Son assurance vie : « la vitesse. Si ça doit craquer c’est derrière » Mumm bon ! Pour ma part je reste avec mes pas de danse.

Le fait est qu’au terme de cette première décade, la débâcle, qui ordinairement à lieu fin mars a juste commencé. La carte des glaces du jour montre une banquise compacte sur des dizaines de milles à l’ouest et plus encore au nord, ce qui n’augure rien de bon pour le passage du nord-ouest. J’espère seulement qu’elle permettra, début juin, les ballades envisagées avec mon ami Daniel qui me rejoindra pour 2 semaines.

D’ici là, mille choses m’occupent à plein temps. Tous ces matériels de remplacement rapportés à grand frais ne remplacent qu’au prix de modifications et de bidouillages exaspérants, soit du fait d’erreurs de commande, soit par manque de sérieux des fournisseurs ou de la vétusté des matériels à réparer.

Mais voici qu’arrive à l’instant le premier cargo de ravitaillement de la saison. Il était temps. Les rayons alimentaires des deux supérettes ressemblaient à ceux du nord de la Mongolie au temps des soviets. En faisant vite je pourrais sans doute acheter quelques bananes et joghourts. Pour les fruits et légumes, il faudra patienter, de même une correspondance mieux illustrée.

A bientôt donc.

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4 Commentaires

  1. Juliette

    15 mai 2017 à 20 h 07 min

    Bravo l’artiste!

    Répondre

  2. chamvres françoise

    22 mai 2017 à 9 h 15 min

    C’est magnifique et tellement pur … je me demandais naivement sûrement : pourquoi le dinghy n’est pas relié au bateau ??

    je t’embrasse

    Répondre

  3. chamvres françoise

    21 juin 2017 à 13 h 11 min

    quel paysage de rêve !! J’arrive ..

    Répondre

  4. Kate

    22 juin 2017 à 20 h 44 min

    Le climat actuel parisien m’inciterait presque à prendre
    Le petit avion rouge !!!!
    C’est magnifique mais je me demande ce qui se passe
    Entre Peter et toi, pour te retrouver si aisément, j’en parle à
    Nos amis communs !!!!
    Bonne chance bises caniculaires

    Répondre

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